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REGISTRES DU BUREAU
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une petite nascelle ayant chesne et serrure non plan-cheyée pour les mener ou ramener en ieursdiclz basteaulx, sans toutesfois laisser en iceilc nascelle
aulcun harnois, ny ausd, basteaulx estans en l'isle aulcuns harnois : sur peyne de confisquntion desd, basteaulx et de pugnition corporelle.»
CCXCIV. — [Prisonnier mené au Chastelet.]
5 février i563. (Z 6826, fol. 5o v°.)
Du vendredy, v Fevrier vclxii.
Au jour d'uy, au Bureau de la ville de Paris, a esté ordonné que Rolland Rocquemart, qui s'est dit natif de Rouen, prisonnier admené par le cappitaine
Gaultier pour espie dimenche derrenier, sera mené au Chastelet de Paris par devers monsr le Lieutenant civil, avec 1rois paires de lettres missives et mémoires, pour luy faire et parfaire son procès.
CCXCV. — [Rapport de Mathurin Bon, lieutenant du cappitaine Grassin,
SUR L'EVASION DU PRINCIPAL DU COLLEGE DE PRESLE.]
5 février 1563. (Z 6826, fol. 5o v°.)
Au jour d'huy, mc Mathurin Bon, lieutenant du cappitaine Grassin, suivant certaine ordonnance donnée de nous, a faict le rapport, dont la teneur ensuyt :
"Mathurin Bon, lieutenant du cappitaine Grassin, rapporte à vous, Messieurs les Prevost des Marchans ct Eschevins de ceste ville de Paris, que le jour d'huy xxxejour de ce present moys de Novembre, en vertu de vostre Ordonnance datée desd, jours et an, signée Marcelet l'Advocat, je me suis transporté avecq l'en­seigne ct aulcuns soldatzdemon quartier aux quar­tier de l'Université au colleige de Presle, pour prendre et appréhender au corps le principal dud. college O, où illecq estant arrivez et ayant aperceu de veue iceluy principal estant aux fenestres de sa
chambre dud. college, nous nous serions mys en debvoir d'iceluy prendre et appréhender au corps, ce que n'auryons peu faire, estant que led. principal, incontinant après nous avoir aperceuz, auroyt fermé troys ou quatre huys sur luy, pendant l'ouverture desquelz led. principal auroyt gaigné ung grenier, la couverture duquel respond à la rue des Noyers, de la couverture duquel grenier il auroyt tiré quelques tailles et faict ung trou, par lequel il seroyt sorty et évadé, et se seroyt retiré en une certaine maison de lad. rue par laquelle il seroyt sauvé de lad. cap­ture. Et ce, mesd. S", je vous certiffye estre vray et avoir par moy esle ainsi faict en la compaignye que dessus, present le cappitaine du quartier dud. col­leige de Presle, les an et jours dessusd.".
Ainsi signé : Bon.
CCXCVI. —Le cappitaine Jehan Bouguier pendu et estrangle
POUR AVOIR PORTÉ LES ARMES CONTRE LE ROY.
io février 1563. (Fol. 169^.)
Le mardy, dixiesme jour de Febvrier mil cinq cens soixante deux, fut pandu et estrangle, puis après bruslé en la place de Greve ung nommé le cappi-
taine Jehan Bouguier, pour avoir porté les armes contre le Roy et soustenu la nouvelle oppinion <2'.
(" Le principal du collège de Presles était à cette époque Pierre de La Ramée ou Ramus, savant humaniste, depuis longtemps sus­pect de luthéranisme et qui, après l'arrêt du Parlement contre les prolestants, fut obligé de mener uno vie errante pour se dérober aux poursuites dont il était l'objet, ll fut supplanté dans ses fonctions de principal par Antoine Mouldrac qui administra le collège de Presles jusqu'au 1 2 mai 1563 ; un arrêt du Parlement, rendu à celle dale sur la requête de Pierre de La Ramée qui se plaignait d'être victime do calomnies propagées par Mouldrac, rendit à La Ramée l'administration du collège et chargea le conseiller Du Drac d'examiner les comptes de Mouldrac. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1* i6o5, fol. i38 v°.) On sait que Ramus fut massacré dans sa chambre au collège de Presles le 26 août 1572.
(2) Jean Bouguier passa par les plus cruelles alternatives. Une sentence rendue au Châtelet do Paris le 2 2, janvier 1563, fai­sant droit aux lettres d'abolition obtenues par ce capitaine, avait ordonné sa mise en liberté, à charge de vivre à l'avenir selon l'église catholique ct romaine et de payer 5o livres d'amende à diverses communautés religieuses, lui enjoignant en outre de se retirer au service du Roi, en son camp près d'Orléans, et de rapporter dans trois semaines certificat du sr de Martigues, colonel des bandes fran-